Carnet de route

Un cochon dans le pigeonnier

Le 20/06/2026 par Coline Mesmin

Malgré quelques soucis de santé qui ont empêché Julien, l'organisateur de la sortie, de se joindre à nous, notre petite troupe de cinq aventuriers se retrouve à 8h30 pour prendre la route des Écrins.

Après quelques heures de voiture, nous atteignons le bout de la vallée du Valgaudémar. Un dernier pique-nique pour prendre des forces avant d'attaquer la montée vers le refuge du Pigeonnier. Huit cents mètres de dénivelé positif sous un soleil de plomb, au milieu d'un décor grandiose : sommets acérés, cascades et alpages verdoyants. Une belle mise en jambes avant l'ascension du lendemain.

Heureux d'arriver au refuge, certains s'offrent une bière bien méritée tandis que Cyril préfère enfiler ses baskets pour aller courir. Nous en profitons pour repérer l'itinéraire du lendemain, ajuster les crampons et préparer le matériel. Stéphane nous transmet les rudiments de l'alpinisme et ses précieux conseils, car pour Maxime et moi, c'est une première.

À 19 heures précises, le repas est servi dans un refuge affichant complet. L'ambiance est chaleureuse, le dîner copieux et délicieux. Après le repas, Olivier, le gardien du refuge, nous livre ses recommandations pour le lendemain, avec humour et bienveillance, tout en nous offrant un petit digestif.

Un peu avant 21 heures, nous rejoignons le dortoir pour essayer de grappiller quelques heures de sommeil. Le réveil est programmé à 3 heures.

Plus ou moins reposés, nous nous retrouvons autour du petit-déjeuner. À 3h45, nous sommes enfin prêts. Malgré l'heure et l'altitude, la température est étonnamment douce.

Nous attaquons la montée à la frontale, d'abord sur le sentier puis dans les éboulis. Nous traversons quelques langues de neige, sans avoir encore besoin de chausser les crampons. Vers 5 heures, nous atteignons le pied de la pointe Duhamel et le premier couloir de neige. Les crampons aux pieds et le piolet à la main, nous remontons prudemment cette pente raide. Peu à peu, le jour se lève et dévoile des paysages incroyables.

Au sommet du couloir, suivant les conseils du gardien, nous choisissons l'itinéraire le plus facile pour rejoindre le glacier en évitant le passage le plus raide.

Au pied du glacier, nous nous encordons. Nous progressons en suivant les traces des cordées passées avant nous, en contournant les crevasses. Le soleil commence déjà à réchauffer l'atmosphère. La pente s'adoucit un peu, mais l'effort reste soutenu. Nous croisons les premières cordées qui redescendent tandis que nous poursuivons notre ascension.

Nous atteignons enfin la rimaye, puis la pente finale : raide, avec de hautes marches taillées dans la neige. Encore quelques efforts... et nous voilà au sommet des Rouies !

3 590 mètres d'altitude et une vue panoramique à couper le souffle. Nous nous félicitons, savourons cet instant suspendu, reprenons quelques forces avant d'entamer la descente vers le refuge.

Une fois sortis du glacier et les principales difficultés derrière nous, la neige commence à transformer. Certains tentent alors une descente sur les fesses pour gagner un peu de temps... et surtout pour le plaisir !

Nous rejoignons le refuge en fin de matinée pour le pique-nique. Pour le retour à la vallée, nous choisissons un itinéraire différent de celui de la veille. Ce versant est encore plus sauvage et plus esthétique, mais aussi plus technique. Des douleurs de dos pour Estelle et des douleurs aux pieds pour moi rendent cette longue descente un peu plus éprouvante. Heureusement, les garçons sont là pour aider Estelle à alléger son sac. Après une pause bienvenue à l'ombre des pins, nous apercevons enfin le parking.

Avant de reprendre la route – et d'affronter les bouchons –, nous trinquons à notre week-end au bar du Gioberney, où le patron, ancien gardien du refuge du Pigeonnier, nous régale d'une spécialité locale et d'anecdotes sur la vallée.

Je retiendrai évidemment de ce week-end les paysages exceptionnels, mais surtout la fierté collective d'avoir mené cette ascension à bien. Pour une première expérience en alpinisme, difficile d'imaginer mieux.

Merci à tous pour ces moments partagés, et vivement la prochaine !

CLUB ALPIN FRANCAIS MONTBRISON
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