Carnet de route
Le paradis cela se partage
Le 06/04/2026 par Remy
Jour 1 :
Il est tôt lorsqu'une dizaine de personnes s'agitent autour du camion bleu sur le parking de la gare en ce samedi matin du week-end de Pâques.
Certains décharge le matériel des voitures, d'autre l'empile du mieux possible dans le coffre du camion pendant que d'autres encore installe les portes skis.
Lorsque tout est prêt, Bruno remarque qu'il manque une personne. Aurélien est encore dans les bras de Morphée lorsque Cyril le réveil en l'appelant.
Nous l'attendons et prenons ensuite la route vers l'Italie. Nous sommes partis tôt en raison des possibles aléas de la route et surtout du tunnel du Mont Blanc.
Après avoir récupéré Julien sur la route et fait une pause, les chauffeurs alternent et nous arrivons près du tunnel avant lequel nous avançons lentement. Après plusieurs dizaines de minutes, nous entrons dans le tunnel. À la sortie de celui-ci, nous sommes arrêtés par la douane qui demande à toute l'équipe de sortir et de donner ses papiers d'identité. Cela nous fait rigoler d'être en tenue de ski entourée de militaire armé surtout lorsque Bruno tente au douanier son permis de conduire d'un autre âge.
Nous pouvons enfin repartir et enfin atteindre Valsavarenche au cœur de la vallée d'Aoste.
Le groupe mange puis prend la direction du refuge Chabod en parcourant un magnifique chemin dallé. Après quelques minutes nous chaussons les skis. Durant la montée, une pièce d'une des fixations d'Anne-Lise se dévisse. Nous constatons le problème un peu plus loin, mais il est impossible de retrouver l'ensemble des pièces perdues. Mais heureusement, Manon a retrouvé plusieurs éléments.
Nous terminons jusqu'au refuge sans problème, mais il faudra trouver une solution pour les descentes si l'on veut espérer continuer.
En fin de journée, après que certains soient allés goûter dans tous les sens du terme la neige très dure à skier au-dessus du refuge. Nous démarrons une tentative de réparation. Avec l'aide de plusieurs personnes et notamment d'un ami d'Aloïs rencontré au refuge alors qu'ils ne sont pas vus depuis une vingtaine d'années, nous remplaçons la bille indispensable par un petit écrou trouvé au refuge. Après plusieurs essais, la réparation est validée. Nous pouvons continuer.
Jour 2 :
La météo s'annonce belle et le regel matinal est correct. Aujourd'hui, c'est jour de sommet. La tension est palpable au petit-déjeuner. Le jour vient de se lever et nous nous lançons dans une descente verglacée dès la sortie du refuge.
Ensuite, nous devons installer les peaux de phoques pour prendre la direction du glacier de Laveciau. C'est alors que Julien laisse aller son ski dans la pente. Cyril part à sa poursuite. Par chance, le ski s'arrête dans un obstacle.
Nous montons en file indienne et il ne fait déjà plus froid. À l'approche du glacier, nous nous encordons et cheminons entre les crevasses et la glace. La pente s'accentue et nous utilisons les couteaux. L'altitude se fait ressentir et nous ralentissons l'allure afin de rester ensemble, nous arrivons au col et rejoignons par la même occasion la voie normale. Nous faisons le choix d'enlever la corde pour gravir les pentes menant sous le sommet. Nous sommes nombreux a sur ses dernières pentes.
Nous laissons les skis et chaussons les crampons pour entamer la partie en rocher de l'itinéraire. La foule cause des bouchons, mais cela nous laisse le temps d'échanger avec les autres cordées et surtout de profiter du panorama extraordinaire. Après un ressaut en rocher équipé comme une viaferrata nous de bouchons près de la madone. Nous attendons que les cordées avancent pour pouvoir entamer la descente. Un vieux guide n'aide pas sa cliente bloquée par la peur dans un passage vertigineux et ne cesse de lui répéter d'avancer. Aloïs l'aide à franchir le passage.
Nous démarrons la descente. Quel plaisir d'évoluer dans de tels paysages.
Nous arrivons les derniers de notre groupe et nous nous retrouvons avec les skis. Quel plaisir d'avoir tous été au sommet.
Nous entamons la descente dans une neige dure et peu agréable.
Nous nous regroupons et skions ensemble en direction du refuge. La température augmente avec la perte d'altitude et nous arrivons sur la terrasse du refuge dans une neige molle.
Il est temps de manger et de partager nos anecdotes autour d'un verre.
Jour 3 :
Nous démarrons la journée par une photo de groupe près du refuge. Soudain, Aloïs et Cyril s'enfoncent dans l'eau sous la neige. Cyril s'en sort avec une chaussure remplie. On vide sa chaussure et bricole une chaussette étanche avec le sac plastique d'un sandwich.
Nous progressons en direction du col. Au sommet, le vent nous oblige à déguerpir. Nous démarrons la descente dans une neige plutôt agréable.
Notre objectif est de rejoindre la vallée suivante afin d'éviter l'itinéraire d'été. Pour cela, nous enchaînons de grande traversée et quelques montées durant lesquelles ont pousse ou on déchausse.
Enfin arrivée dans la vallée, la neige est dure et trafollé d'un côté et horriblement molle de l'autre. Puis on longe la rivière dans un boarder cross sauvage.
Nous débouchons sur les pistes de ski de fond pour terminer au parking.
Nous mettons fin à ce périple en partageant un repas au restaurant avant de reprendre la route avec des images plein la tête.
Merci à tout le groupe pour la bonne humeur, pour l'entraide et la débrouille.
Ce fut un plaisir sincère de voir ce grand groupe allez sans exception au sommet.
Bravo à tous ceux pour qui s'était le premier 4000 et qui se sont dépassé pour y parvenir.
Enfin merci pour ses moments de partage si précieux.
On remet ça quand vous voulez.





